Le Signe Porte et Fenêtre
Abdul Rahman Tuhmazi
…"Ici, alors que nous pourchassons ces instants
que nous n'avons pas pu empoigner, la fonction devient symbolique
et ne se substitue à rien…
Dans les précédentes œuvres du peintre, les chose étaient
enfouies, telles des trésors sous terre. Nous ne les avons pas
déterrées; c'est d'ailleurs la terre qui nous a ouvert ces
plaies et nous a montré ses entrailles silencieuses. Dedans,
était aussi le voile à travers lequel un mystérieux secret
tentait de jeter un regard.
A
présent, la porte se dresse, tels deux faces d'une même feuille,
et, nous ne savons pas ce qu'il y a "ma wara'a" (mot arabe
signifiant à la fois devant et derrière): par-delà, à
l'intérieur ou à l'extérieur…
C'est une sorte de poursuite du silence impénétrable que nous
voulons éloquent et muet, annonciateur du signe évident nous
emportant en vagues vers les ténèbres de l'éveil.
Même si les portes et les fenêtres ne sont pas ouvertes, Haider
a ouvert ce qu'il y a autour et est passé de la fonction au
symbole: orbites évidés pour les yeux, couleurs biffées leur
procurant une impression picturale…
Rouge, jaune, bleue. Une exégèse de couleurs, comme dans "porte
seule"...
…
La porte n'est plus ouverte ou bien c'est la fenêtre qui est
fermée. Et nous.. nous regardons alors ce qu'il y a dessus et
aspirons à ce qui les entoure.
Notre émotion serait plus grande par ces illuminations qui vont
loin.. tellement loin. C'est comme si on ouvrait une fenêtre
pour voyager, comme si on fermait une porte pour se sauver.
…
Quelque chose qui avait été fragmentaire devient maintenant un
tout, une fois que le peintre a soustrait les rapports
architecturaux pour fonder un espace pictural alterne"...
Abdul
Rahman Tuhmazi
Poète et critique d'art
Bagdad, 2002
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